HISTORIQUE DU SYNDICALISME
DE LA MEDECINE VASCULAIRE EN
FRANCE
Par François PIN*
Le syndicalisme existe en France,
dans les démocraties pour « défendre les intéréts matériels et
moraux » de ses adhérents dépendants d’une catégorie socio-professionnelle
définie.
C’est ainsi que les phlébologues
ont créé leur syndicat, présidé par le docteur René Romain pour défendre la
sclérothérapie, la chirurgie des varices, dans un esprit libéral opposé au
dictat de la « convention » qui s’impose dans les annèes 60.
Le docteur Robert Vieville préféra
défendre dans le cadre conventionnel les médecins se consacrant à la pathologie
vasculaire. La sclérothérapie des varices passa de PC3 ( petite chirurgie) à K5
qui jusqu’en 72 valait trois fois la consultation de l’omnipraticien. Puis, ce
fut la défense des explorations vasculaires périphériques et du statut des
attachés des hopitaux.
Après avoir fondé le collège français de pathologie
vasculaire en 66 ( première coordination des forces vives de la chirurgie et de
la médecine vasculaire, toujours efficiente) le professeur Claude Olivier de
l’Académie de chirurgie organisa et fit reconnaître en 1967, avec l’aide des
professeurs Housset, Lenégre et Soulié cardiologues, l’attestation nationale
d’étude de pathologie vasculaire « en vue du C.E.S ».
Avec l’appui de leur maître, les
cinquante six premiers « attestés » se sont regroupés en 1971, en une
amicale, puis en un syndicat des angéiologues diplomés.
Le mot ANGEIOLOGIE avait été promu
dès 1947 par le docteur Louis Gerson fondateur de la société française
d’angéiologie, puis de l’Union Internationale d’Angéiologie.
Dans ces premières années 70, nous
en étions au début des explorations vasculaires ultra-soniques, grâce aux
travaux de Léandre Pourcelot et il était vital d’imposer un mot porteur pour
les médecins se consacrant à la pathologie vasculaire dans sa globalité.
Le mot ANGEIOLOGIE fut donc retenu
pour créer une discipline bien distingue de la « dermatologie » qui
prenait en charge que les insuffisants
veineux et lymphatiques et de la « cardiologie, cœur et vaisseaux »
qui prenait en charge que les patients atteints d’artériopathie.
C’est ainsi que ces premiers
diplomés ont été le fer de lance du syndicat des médecins se consacrant à la
pathologie vasculaire et ont été les élèves des phlébologues médicaux,
chirurgicaux, ce qui a permis « l’Union » des trois syndicats (union
votée par chaque A.G. pour constituer trois listes). Ce sont les quatre
premiers élus de chaque liste qui ont constitué le premier conseil d’administration
de l’U.S.N.A. en 1976.
L’Union Syndicale Nationale des
Angéiologues : L’U.S.N.A. a mené des actions persévérantes :
-
bien sûr auprés des pouvoirs publics pour une
reconnaissance officielle de la spécificité de la recherche, de la pratique et
d’une formation globale unique au monde. La France ayant été et restant
pionnière en ce domaine.
-
auprés de l’université et notamment du doyen de Tours
qui, avec le professeur Barsotti, ont créé le premier diplôme universitaire
régional après Paris V, puis ensuite une meilleure répartition et organisation
de cette formation initiale qui devait aboutir au D.E.S. promis comme pour
l’endocrinologie et ce fut hélas la capacité et le D.E.S.C. Le récent C.M.U.
donne tout espoir pour l’avenir.
-
auprés de l’U.N.A.F.O.R.M.E.C. , union nationale
des associations de formation médicale continue, nouvellement créée et soutenue
par la loi Veil.
La régionalisation du syndicat a
entrainé la formation des associations de F.M.C. en angéiologie autonome
calquée sur les nouvelles régions de France qui, à leur tour se sont fédérées
en A.F.F.C.A. reconnue dans le groupe des spécialistes par l’UNAFORMEC.
-Auprés
des centrales syndicales qui, dans ce
contexte favorable, ont reconnu l’USNA dans leur groupe de spécialistes et de
ce fait, l’a mandatée pour défendre la nomenclature des actes d’angéiologie et
notamment des explorations vasculaires périphériques.
-
Auprés du Conseil
National de l’Ordre qui a été à l’origine des commissions ministérielles
( primaire et d’appel ) de qualification en angéiologie et l’autorisation
d’apposer cette qualification sur les plaques des cabinets d’Angéiologues,
comme dans les plages jaunes de l’annuaire téléphonique, confirmant l’exercice
exclusif et spécifique en Angéiologie :’’
artères, veines, lymphatiques, micro-circulation’’
Ce fut la reconnaissance de FAIT de notre spécialité pour les
malades et les médecins qui nous les adressent.
Le mot et la réalité de
l’Angéiologie se sont ainsi imposés à l’extérieur, comme à l’intérieur de nos
structures où il a été fédérateur et le sera pour une réalité nouvelle :
la médecine vasculaire tant pour le syndicat unique praticiens hospitaliers et
libéraux que pour la nouvelle société savante.
Comme il y a 25 ans, sachons faire
l’union et souhaitons que l’union continue à faire notre force :
- Pour l’éducation, la prévention
et la prise en charge thérapeutique des malades vasculaires.
- Pour toujours améliorer la
compétence des médecins vasculaires et leurs conditions de travail et de
rémunérations.
Avec l’année, nous entrons dans
l’aire de l’évaluation de la pratique médicale et de l’accréditation.
La tâche va être difficile pour les formateurs, les experts et les
défenseurs de la profession et des professionnels.
L’objectif a été et reste la
qualité des praticiens, de leur « savoir-faire, savoir être » au
service des malades vasculaires.
Souhaitons enfin une reconnaissance de notre discipline par la
spécialité et que vive la Médecine Vasculaire !
* Ancien président fondateur de l’USNA.
Ancien président
fondateur de L’AFFCA.